« 2008-02 | Page d'accueil
| 2008-04 »
27.03.2008
Mais qui a volé l´or des Incas?
Nous avons regardé “Que tan lejo” un film équatorien remarquable, réalisé par (je retrouverais plus tard… ) Deux jeunes femmes, une espagnole et une équatorienne traversent ensemble l´Equateur, de Quito jusqu´à Cuenca. Road movie poétique, où se croisent des personnages de tous bords, avec un regard d´auto-dérision sur le pays tellement juste. On y trouve ce dialogue croustillant entre l´équatorienne et l´espagnole:
L´équatorienne: “Ah, non! ne compare pas ton pays avec le mien! Ton pays est le pays des voleurs de l´or des Incas!” (pensée qui représente assez bien le point de vue commun des équatoriens).
Sur quoi l´espagnole lui répond: “Je crois plutôt que ce sont tes ancêtres qui sont des voleurs! Les miens n´ont jamais quitté l´Espagne!”
Vérité tellement inacceptable pour les équatoriens, qui, sont tous prêts à se considérer comme des Incas lorsqu´il s´agit de l´or volé par les "espagnols", même en étant blanc, et en ayant une très grande majorité d´ancêtres hispaniques! En réalité une très grande partie des équatoriens n´accordent que peu d´ importance a la culture andine, et même parfois lorsqu´ils sont de lignée indienne, sauf… lorsque ça les arrange! Si c´est l´Espagne qui a profité de l´or des Incas, il est vrai que les envahisseurs de l´Amérique ne sont pas les ancêtres des espagnols de l´Espagne actuelle, mais bel et bien les ancêtres des équatoriens! Et par ailleurs ces derniers sont, a de rares exceptions, tous les témoins d´un métissage entre espagnols et indiens, affiché de façon incontestable sur presque toutes les têtes, et si ce n´est pas sur les têtes, dans les noms de famille. On peut très bien être de culture indienne et avoir un nom de famille espagnol, et être de culture hispanique et porter un nom de famille quetchua.
Aussi, un troisième personnage répond aux deux filles: “Ici ça ne veut plus rien dire être indien, ou blanc ou noir. Les indiens croient qu´ils sont indiens mais ils ne sont pas indiens, les blancs croient qu´ils sont blancs mais ils ne sont pas blancs, et même les noirs croient qu´ils sont noirs mais ne sont pas noirs!”
21:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le rêve du crapaud accoucheur
Je vous ai parlé des grenouilles balafon, qui chaque soir annoncent la tombée de la nuit avec des sons très beaux. Peut-être d´ailleurs que ce sont des crapauds? J´en ai vu un une seule fois. On aurait cru qu´il tombait du ciel, je l´ai vu atterrir de plus haut que ma tête jusqu´au sol. Il était minuscule. Gros comme la moitié de mon pouce.
Leur musique ressemble a celle du crapaud accoucheur de nos contrées, qu´on entend aussi la nuit. Dans un tout autre genre musical, et une toute autre langue, évidemment. Vous le connaissez sûrement. Il chante “Tuuuuut” puis un autre reprend a l´autre bout du chant “Touuuut”, et enfin tout l´orchestre reprend en multi-stéréo avec une infinité de voix pures et cristallines. Malheureusement, et pour une raison que j´ignore, les crapauds accoucheurs de mon village ont massivement disparu. Et leur chant avec. Je crois que c´est le chant de la grenouille balafon qui a réveillé le souvenir de celui du crapaud accoucheur. A tel point que j´en ai rêve cette nuit.
J´explorais un bassin aquatique dans le jardin de mes amis. Et c´est la que j´aperçus une multitude de crapauds accoucheurs. Je les assommais de question: “Y en avait-il beaucoup? Combien? Depuis quand? Avaient-ils toujours été la?” Aussi je les suppliais de bien vouloir me laisser emporter un mâle et une femelle. Délicatement, en contenant ma joie autant que nécessaire pour ne pas écraser ces trésors, je sortais deux petits crapauds de leur refuge. Dans le creux de ma main, je portais l´espoir de la mission que je m´étais donnée, que je trouvais d´une importance capitale pour la culture et l´humanité entière: réintroduire le crapaud accoucheur partout où sa disparition avait été remarquée.
21:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.03.2008
Les rues de Quito
20:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La montagne qui aimantait les nuages
Nous avons vue sur une montagne qui nous dépasse de peut-etre deux cent metres. Tous les jours, a midi, des nuages provenant de l´ouest commencent a s´y agglutiner. A quatorze heures precises, c´est l´embouteillage. Toujours plus nombreux, ils stagnent sur cette montagne, mais curieusement pas sur les autres autour. Ils l´enveloppent d´une boule de coton blanc-gris jusqu´a sa disparition totale et magique, souvent jusqu´au lendemain matin.
Fin du quart d´heure poésie.
Après quatorze heures, c´est la pluie, quotidienne, elle aussi. La première semaine, la pluie a rempli un seau entier devant la maison. Je ne sais pas qui racontait “l´Equateur, c´est le paradis” et encore “l´Equateur, c´est le pays du printemps éternel”, moi je dirais: “l´Equateur, c´est peut-être le paradis, mais QUAND IL NE PLEUT PAS”. C´est Nantes en pire. Peut-être même l´automne en Ecosse. Parait-il que c´est pas normal. Que c´est une vague de froid qui arrive une fois tous les quatre ans. C´est vrai, Février, c´est la saison des pluies, jusqu´en Mars. Mais normalement, il ne pleut pas autant et il ne fait pas si froid. A cette température, nous, on chauffe les maisons, mais ici, il n´y a pas de chauffage. Bein oui, puisque normalement, c´est le paradis… On savait le sud de la ville plus froid, mais pas a ce point, et encore plus notre quartier perché qui attire les nuages comme la foudre. On dort habillés comme des bonshommes de neige. Hum. Quelle chance de profiter de cette période très exceptionnelle.
La maison, a moitié enterrée est très humide. Aussi, les équatoriens ont cette manie agaçante de ne jurer que par le béton. J´ai même vu une usine Lafarge à Quito! Tout le monde, à part les équatoriens, sait que le béton n´est pas un matériau respirant et que par conséquent, s´il y a de l´humidité, elle stagne forcément. Donc tout le monde s´étonne de l´humidité des maison. Aussi, la tres grande majorité est capable de faire les mêmes conneries que tout le monde faisait en France après 1950, raser massivement les maisons des ancêtres, avec une architecture adaptée au climat pour construire le style de maisons dont vous trouverez des reproductions dans l´album “architecture à Quito”. C´est rigolo, kitsch et plein de couleurs, mais ça vaut rien. J´en témoigne par mon expérience pratique. Pour eux, une maison en terre, c´est une maison de pauvres qui n´ont pas les moyens de s´offrir du béton. José parle parfois de travailler dans le patrimoine. Il bénéficie de ma part de mes encouragements les plus exaltés pour ce projet.
19:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : equateur
Le chat et le colibri
Tous les jours, un client fidèle vient manger au restaurant de notre petite cour. Spécialité: le nectar de capucines, que notre ami sirote goulûment. Pour notre voisin, un chat siamois craintif, ce n´est ´un colibri de plus, qu´il lorgne comme un bon bifteck potentiel. Et il ne voit pas pourquoi il n´y aurait que les colibris qui auraient le droit de profiter ainsi des bonnes choses de la nature. J´ai essayé de lui expliquer que c´était chez moi, et qu´ici je faisais ce que je voulais. Et s´il me plaît d´offrir des capucines en steak a un colibri, c´est mon affaire. Je ne tiens pas a ce que notre restaurant de capucines se transforme en fast-food pour chats. Dans la vie, il faut faire des choix. Mais il ne veut rien entendre. Tant pis pour lui. Je crois que les voisins chez qui il loge ont essayé de lui expliquer la même chose, et désormais, il a une clochette au cou. “Tu vois, lui ais-je dit, tu as voulu faire le malin, et il pousse des clochettes au cou des chats qui font les malins. On aurait pourtant pu bien s´entendre tous les deux, regarde, on est les seuls de tout le quartier a avoir les yeux bleus. Ça fait un sacré point commun. Ici, tu es comme moi: tu n es qu´un chat gringo de plus. Moi, en France, j´habite avec un chat. Je crois qu´il est japonais, parce qu´il s´appelle Hokousaï et adore le riz. Et aussi le potimarron a l´huile de sardines, et les souris. Tu vois bien qu´on peut être un chat et parfaitement bien se passer de colibris.”

19:40 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Un peu de politique: des nouvelles de la frontiere Equateur-Colombie
Ce 1er Mars 2008, il y a eu une attaque de Colombie sur le territoire équatorien, destinée a éliminer le chef des FARC (forces armées révolutionnaires colombiennes). Sans scrupules, le gouvernement colombien a tiré hors de son territoire, quelques jours avant que le chef présumé, Raúl Reyes, ne rencontre le président français, en vue de la libération d Ingrid Bétancourt. Il y a eu d´autres morts, des membres du groupe, hommes et femmes, et des blessés. Suite a cette attaque, Correa a jeté l´ambassadeur de Colombie dehors. Les tensions entre le Vénézuela et la Colombie étant fortes, le président vénézuélien, Chavez, a fait de même. Rappelons que c´est le président du Vénézuéla qui négocie avec les FARC de Colombie en vue de faire libérer les otages colombiens. Rappelons aussi que les FARC ne sont pas, a l´origine, un mouvement terroriste tel que nous le présente les médias européens, mais un mouvement de libération du peuple colombien, fatigué de l´abus des hommes politiques, corrompus a 95 pour cent. Aujourd´hui, il est très difficile de comprendre comment les FARC ont évolué et leurs intentions demeurent énigmatiques. Pour comprendre a quoi ressemble la politique en Colombie, je vous recommande justement le livre d´Ingrid Bétancourt “La rage au Coeur”. Malgré tout, il y a plusieurs choses, que, même d´ici, il est difficile de comprendre. Entre autre:
- Le président étasunien Bush a donné son soutien officiel au gouvernement colombien pour la lutte contre les FARC. Le gouvernent des Etats-Unis a t-il un rôle dans cette attaque? N´oublions pas qu´il est toujours bon de diviser pour mieux régner, et que l´Amérique du Sud, est un continent plein de pétrole, entièrement exploité par des compagnies nord-américaines. Cela peut rappeler quelques manipulations crapuleuses dans d´autres régions du monde, également pleines de pétrole.
- Quoi qu´il en soit, le gouvernement de Colombie est déjà lui même suffisamment crapuleux pour que, alors que la libération d´Ingrid Bétancourt est imminente, il soit tenté d´empêcher cette libération. Ingrid Bétancourt, a part être une otage célèbre, est avant tout une politique qui s´est battue en Colombie contre la corruption des politiciens, dénonçant publiquement des personnalités détournant de l´argent ou trafiquants de drogues dans le gouvernement, ce qui est pratiquement un pléonasme dans la politique de ce pays. Elle s´est également battue contre l´impunité quasi-absolue qui existe envers les puissants trafiquants de drogue. Elle était le bras droit d´un politicien, dont j´ai oublié le nom, qu´elle a soutenu, qui commençait a gagner une grande popularité, et qui a été abattu lors d´une apparition publique. Elle même commençait a gagner une grande popularité, et avait même réussi a gagner des élections truquées par ses adversaires. Aussi, son retour dans la politique, avec la popularité internationale qu´elle a gagné en tant qu´otage serait certainement de mauvaise augure pour la faune politique colombienne.
- Autre question sans réponse: Pourquoi les FARC, qui est a l´origine un mouvement populaire de libération du peuple, a-il enlevé une femme se battant normalement pour les mêmes causes qu´eux? Corruption la aussi? Détournement d´ideaux? Ou raisons plus complexes? Dans un entretien, un chef des FARC déclarait qu´Ingrid Bétancourt était la continuation d´une politique corrompue, qu´elle était issue d´une famille riche (ce qui est vrai) et trafiquant de la drogue. Impossible de connaître la vérité. Cela laisse beaucoup de questions dans l´air. Mais en tous les cas, ne vous laissez-pas berner par les explications simplexes de la télévision, car il y a dans ce continent des enjeux économiques qui rendent les affaires aussi troubles que l´Atlantique après le passage de l´Erika.
19:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bétancourt equateur colombie
Côté cuisine numéro 1
Les bananes a frire.
Je cuisine des grandes bananes vertes. J´en ai mangé chez Anita, je l´ai vue les faire frire, ça a un peu le même goût que des beignets de pomme de terre J´essaye de faire comme elle. Je coupe des rondelles de deux centimètres, mais une fois frites, je me retrouve avec des rondelles de bananes archi dures, pas du tout comme celles que j´ai mangées. Chucta madre!*
*chucta est une expression équatorienne empruntée au quechua qui signifie en même temps: Ah la la! ou zut! exprimant la surprise. En y ajoutant “madre” ça fait quelque chose d´hybride allant dans le même sens.
Les galettes
José n´est pas la. Je me lance dans la fabrication de galettes. Je mélange de la farine de maïs, de la farine de hava, avec du beurre et de l´eau. Je fais frire le tout dans un poële. L´huile commence une émulsion un peu étrange. Le première galette se liquéfie dans la poële. J´obtiens un liquide graisseux marron. J´arrête la et vais m´ouvrir une bière. Chucta madre.
La quinoa.
Midi. Je fais cuire de la quinoa. Ce jour la, José est encore a une réunion et je commence a me dire que j´en ai marre de faire tout le temps la cuisine. C´est bien parce-que j´ai pas grand chose a faire, mais faudrait pas trop s´habituer quand même. Avec la quinoa, je mets des tomates et fait frire des pommes de terre, un peu trop longtemps, mais ça va encore. J´en mange la moitié en attendant José. Marre d´attendre.
Le soir, on se balade en bas de la rue, ou c´est un peu animé. On s´arrête manger du chorizo frit avec des patates chez une colombienne. La coiffeuse discute a coté d´elle en attendant le bus avec ses enfants. José commence a bavarder, et, le fourbe, a raconter que je lui ai fait manger de la quinoa sèche, c´est-a-dire, sans eau. Ici, c´est une abomination, la quinoa se cuisine uniquement en soupe. La coiffeuse répète avec des yeux exorbités “se-ccaaa?" "see-cheu?”. José se retourne vers moi en disant: “Tu vois, la quinoa ici c´est toujours en soupe qu´on l´a fait, t´as vu sa tête, pour elle c´est bizarre”. Ce qu´il m´énerve! La colombienne demande: “Et avec quoi vous l´avez mangée?” et José répond: “Avec des pommes de terres carbonisées.” Grrrrrrr. Pour me sauver je dis que “Oui, c´est comme ça qu´on cuisine la quinoa en France, sèche et avec des pommes de terres carbonisées.” “Aaah, c´est comme ça en France…”
Chukta madré!
19:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cuisine équatorienne
02.03.2008
Musee de la banque centrale, musee d or et de sculpures incas
Il n y a rien à dire, je vous laisse faire la visite avec l´album photo correspondant. Pour moi, c´est une magnifique découverte que les sculpures incas. Je suis super fière des photos parce que j´ai réussi à en prendre 67 alors que c´est interdit. Mais je ne comprends pas comment c´est possible qu´une banque soit propriétaire de tant de trésors. Il y a des sculpures qui ressemblent à des boudhas, d´autres qui font vraiment penser aux dragons chinois.
21:03 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Histoires de bus
J´ai vu défiler dans les bus des vendeurs de journaux, de papier essuie-tout, de chips de patates et de bananes, de caramels, de glaces, de gâteaux et de pinces a cheveux et de poudre magique pour se nettoyer le corps par un suppose étudiant en médecine. Dans le trolleybus, on a entendu un aveugle chantant "Eraaa, come la primaveraaa", que je connais de la bouche de José. Il était un peu gros, avait une belle voix et passait dans l´allée avec un magnétophone qui l accompagnait. On a aussi vu une jeune colombienne avec un bébé qui faisait la manche. Mais la manche, ca ne marche pas très fort, sauf si la personne parle bien, et encore. Il n y a pas beaucoup de gens qui font la manche comme ca, tous ceux qui arpentent les transports en commun ont toujours quelque chose à vendre. C´est pratique, on peut faire ses courses pendant les trajets, et manger si on a faim. Les parisiens devraient y songer, avec tout le temps qu’ils passent dans le métro. Les chauffeurs de bus ne refusent jamais l´entrée a un vendeur ambulant. Mais ça, ça serait difficile en France, non ?
Aussi, les vendeurs des bus parlent parfois des raisons qui les amènent ici. Un jour, en fin d après-midi, le long de l´avenue Mariscal Sucre, qui traverse la ville du nord au sud, un homme est monté dans le bus avec un petit garçon qu’ il tenait d un bras, et dont on ne en voyait que le dos. Il parlait fort, avait des yeux bleus, et postillonnait beaucoup car il lui manquait cinq ou six dent à la mâchoire du bas. Il s´est retourné pour parler du garçon qui, je suppose était son fils a cause des mêmes yeux bleus, en disant « este creatura, blablablabla »… Le petit garçon qui paraissait avoir 6 ans, suçait tranquillement une glace en bâtonnet, et a salué tout le bus avec une figure angélique au moment ou son père parlait de lui. Le bus était en train de passer les rues les plus escarpées de Quito, comparables au col du Puy-Mari, à une allure pas tellement adaptée à la situation. Aussi l´homme qui n´avait qu’une main pour se tenir avait beaucoup de mal à garder son équilibre. Il avançait, reculait, et enfin essayait de s´attraper de sa main libre à une barre de l´allée tout en tenant le garçon de l´autre. Mais la barre était déboitée, et une autre fois il perdit son équilibre. A nouveau il reculait, avançait, et encore attrapait cette barre mal fixée et encore perdait son équilibre. Pendant tout ce manège, il parlait, de ce que j´ai compris, de la mère de l´enfant, de drogue, d´hôpital, et toujours de « este creatura », tout en montrant son fils, en ponctuant son intervention de nombreux « gracias a Dios » en levant les yeux au ciel, puis a montré les fesses de l´enfant en parlant d´incontinence. Les gens du bus étaient très attentifs à cette longue histoire, et commençaient à lui acheter un paquet par-ci, un paquet par-là, de ce qui me semblait être des sacs poubelle. Ca marchait bien. Il en vendait un ou deux, puis continuait à parler en disant « grâce a votre aide », et « grâce à Dieu » et beaucoup d´autres choses que je ne comprenais pas. Pendant ce temps, j´ai remarque une femme assise a cote du monsieur qui parlait, qui brusquement s´était retournée vers lui et l enfant: la glace du petit lui dégoulinait dessus. Mais le père, ayant le dos tourné, ne le voyait pas, et l´enfant continuait de sucer sa glace fondante avec enthousiasme.
En sortant, le père s´est retourné une nouvelle fois, et l´enfant a salué l´assemblée du bus en faisant claquer une petite bise dans l´air. La femme qui était assise devant moi, émue, a donne une pièce au père en refusant les sacs en plastique. A peine descendus, les passagers faisaient encore des commentaires, de ce que j interprétais comme « Vous vous rendez compte … »
Immédiatement, un noir leur a succédé. Il est monté avec un pot en plastique dont il faisait goûter le contenu à chaque passager qui en voulait bien: des petites boulettes noires, vraisemblablement artisanales. Il s´est appuyée sur une barre de l´allée centrale. La barre s´est déboitée et lui a fait perdre son équilibre. D´un geste sur et énergique, il l´a remise en place, et a continué sa tournée.
« Mesdames et messieurs, je vous remercie de me consacrer un peu de temps. Il se trouve qu’avant, de ma vie, jamais je ne montais dans un bus. Même pas en tant que passager. J´avais une voiture, je gagnais bien ma vie: j étais médecin dans un hôpital. Aussi, j´avais deux bras. Apres mon accident, l´assurance ne m´a jamais rien payé. Mais la vie est ainsi, et autour hui, je vends des bonbons. J´ai des bonbons a la menthe, au melon, au citron, à la narancilla. Cinq pour vingt-cinq centimes. Voulez-vous des bonbons ? »
20:58 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Parole de chamane
En se promenant près du centre Mariscal, on s´arrête dans un tout petit restaurant avec deux tables pour manger et boire. Il se met à pleuvoir fort. A l´intérieur la radio diffuse une émission où les gens appellent en direct pour demander des conseils à un chamane. Un homme appelle et expose le problème suivant :
« Je suis ferronnier de métier, j´ai même une grande entreprise, mais depuis quelque temps, les affaires ne marchent plus. Je n ai presque plus de clients et je ne peux plus vivre comme ca. Je n ai plus d argent. Mais un ami me propose un travail dans un garage. Ca n est pas du tout mon métier, et je n y connais rien. Que dois-je faire. Dois-je accepter ce travail ? »
Sur quoi le chamane répond:
« Oui, bien sur que oui. On ne peut pas passer son temps à attendre le travail et ne rien faire. Il faut réagir, et accepter cette opportunité. Commencez le travail le plus rapidement possible et vous pourrez à nouveau gagner de l argent. Mais une fois que vous aurez commencé à travailler, revenez très vite me voir, et je vous dirais qui vous a fait de la sorcellerie. »
20:56 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note













